Définitions

Définitions de l’économie circulaire

Il existe plusieurs définitions théoriques de l’économie circulaire.

Au verso de la couverture du livre de Jean-Claude Lévy et de Vincent Aurez[1] on trouve une définition très abstraite et complète :

« L’économie circulaire est un dispositif d’organisation scientifique, technologique, économique et social, visant à rendre à la nature les flux de matière solide, liquide et gazeuse qui lui sont empruntés aujourd’hui trop dangereusement. Elle doit être insérée dans les planifications urbaines selon un principe de gouvernance territoriale et de “gouvernance des flux” ».

Rémy Le Moigne[2] élabore une définition plus descriptive qui s’inspire du courant «Berceau à Berceau» que nous définirons plus loin.

« Peut être définie comme un système de production et d’échanges prenant en compte, dès leur conception, la durabilité et le recyclage des produits ou de leurs composants de sorte qu’ils puissent redevenir soit des objets réutilisables soit des matières premières nouvelles, dans un objectif d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources. »

La troisième définition de VRIc vise à pouvoir prendre en compte les multiples réalités de l’économie circulaire et l’opérationnalisation de la recherche pour lui construire un cadre théorique :

« L’économie circulaire est une notion qui minimise en continu les déchets et les gaz à effet de serre (GES) en levant les barrières technologiques grâce à la recherche et le développement (R&D). L’économie circulaire s’inscrit dans un projet de société, impliquant la mobilisation et l’information des collectivités, dont la stratégie économique vise :

1- à mettre dans le marché des biens et des produits en s'assurant d'une empreinte environnementale la moins dommageable;

2- à régénérer la terre, à purifier l’eau et l’air;

3- à remettre dans le “système économique” et dans les circuits les plus courts possible après traitement les déchets et les émissions polluantes à chacune des étapes de développement d’un produit soit de l’extraction à la consommation pendant les phases de production, de transformation, de distribution et de transport. Elle implique tous les secteurs d’activités : manufacturier, agroalimentaire, industriel, informatique, forestier, transport terrestre, maritime et aérien des personnes et des marchandises, assurance, aménagement des villes et des régions, finance, éducation, R&D, océanographie, transfert technologique, minier, pêcheries et les services, dont les services juridiques. »

VRIc  synthétise la définition de l’économie circulaire par la formule suivante : « 6RV+0GES » (Récupérer, Réduire, Refabriquer, Réutiliser, Recycler, Régénérer, Valoriser + 0 Gaz à Effet de Serre).

Définition du concept de développement

La notion de développement est souvent associée à celle de croissance économique. Par ailleurs, elle est souvent accompagnée d’un adjectif par exemple, social, économique, humain, équitable, durable, comme si cette notion, on ne parvenait pas englober l’ensemble de ses attribues.

« L’expression et la mise en œuvre d’une volonté politique organisées par une collectivité aux niveaux local, régional, national ou international, dans le but d’optimiser la gestion rentable de ses ressources humaines, financières et naturelles, dans le respect de la nature et de l’intégrité physique des personnes, en s’assurant d’un partage du produit de la croissance avec toute la collectivité, afin de lui procurer tous les moyens de faire progresser sa qualité et son niveau de vie et en assurer la pérennité. »  [3]

Cette définition contient les trois dimensions élaborées par Xavier Greffe[4].

Pour lui, le concept de développement englobe trois dimensions : les valeurs, les structures sociales et les rapports de force.

Sur le plan des valeurs, le développement se structure principalement en fonction de l'interdépendance, de l'équité et du pluralisme.

Sur le plan des structures sociales, le développement s’organise démocratiquement et la gestion des affaires tient compte de l'ensemble des dimensions de la vie sociale. Chaque lieu de gouvernance est non seulement un lieu de gestion des conflits, mais aussi, un lieu d'interface entre les niveaux administratifs.

Sur le plan des rapports de force, la participation de la société civile aux processus de prise de décision de la gouvernance constitue le fondement du développement des collectivités.

Dans cette perspective, c’est l’angle sous lequel nous abordons l’Implantation de l’économie circulaire au Québec, à savoir, celle d’une gouvernance territoriale qui place l’innovation, l'entrepreneuriat individuel et collectif au centre de sa structuration et qui reconnait des instances municipales et régionales, pour le développement démocratique de la société, se traduirait par la constitutionnalisation de leurs pouvoirs respectifs.

Définition de l’économie linéaire

Le système de l’économie linéaire issu de la civilisation industrielle dans laquelle nous sommes, repose sur l’exploitation illimitée des ressources non renouvelables et renouvelables. À toutes les étapes de la production d’un bien, de l’extraction minière à la consommation, les résidus sont soit abandonnés dans la nature, soit incinérés ou enfouis.

[1] Jean-Claude Lévy, Vincent Aurez (2014). L’économie circulaire : un désir ardent des territoires, Paris, Collection Transition écologique, Presses des Ponts, 207 p.

[2] Rémy Le Moigne, (2014). L’Économie circulaire, Paris, Dunod, p.32

[3] Laurence Desrosiers, Daniel Guay, Pierre Racicot (2011), MRVI, texte non publié qui s’inspire de la définition de RACICOT, Pierre (1997), Pour un nouveau modèle de développement, le développementisme : conceptualisation et validation empirique, Thèse de doctorat, École de Service social, Université Laval, 250 p.

[4] Greffe, Xavier, (1986), «Introduction» dans Science économique et développement endogène, Paris, UNESCO, 272 p.