Acteurs/porteurs de l’économie circulaire

Le mouvement en faveur du développement durable lancé par l’ONU a trouvé ses assises dans de nombreux courants théoriques et d’applications issues des milieux les plus divers.

Parmi les principaux acteurs/porteurs de l’économie circulaire, nous retenons, à titre d’exemple :

  • Écologie industrielle. L’équipe du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (Sorel-Tracy) a dirigé des implantations d’écologie industrielle dans les parcs industriels de Bécancour et de Brome-Missisquoi. L’approche vise à valoriser les déchets d’une entreprise dans le but qu’ils deviennent des ressources pour une autre entreprise grâce à la R&D et aux transferts technologiques.

  • Agriculture biologique. Ferme Hantée, propriété de Léa Charest, est située à Ste-Croix de Lotbinière possède une épicerie dans le quartier Limoilou lui permettant de vendre ses produits directement aux consommateurs. Plusieurs dimensions du développement durable sont portées par l’entreprise : le recyclage, le compostage, la régénération des sols… etc. L’approche vise à laisser la terre, après usage, dans des conditions égales ou supérieures à celles qui prévalaient avant son exploitation.

  • Internet physique. Concept nouveau a été mis au point par le réseau de chercheurs piloté par le professeur Benoit Montreuil de l’Université Laval. Le logiciel permet de gérer le transport, l’entreposage, l’approvisionnement des produits d’une manière efficiente et durable. L’approche vise à réduire les effets de serre et le gaspillage causés par le suremballage, tout en améliorant la rentabilité des entreprises de transport.

  • Valorisation. Le cimentier, Holcim Canada (Joliette), valorise l’énergie et les matières dans le domaine des cimenteries, alors que le Centre de recherche industriel du Québec (CRIQ) valorise, grâce à la R&D, par exemple, des bardeaux d’asphalte pour le remplissage des nids de poule.

  • Recyclage. NovX21 (Thetford Mines) constitue un exemple d’entreprise porteuse d’une technologie propre dans le domaine du recyclage. Elle recycle 93 % des métaux précieux et de la céramique des catalyseurs des automobiles. Cet exemple illustre : 1- comment la R&D est un moteur de l’économie circulaire en levant les verrous technologiques permettant l’atteinte "zéro déchet"; 2- comment est-il possible de produire des technologies propres adaptées aux besoins du Québec et pouvant facilement se sur-dimensionner pour répondre aux marchés internationaux.

  • Certification éco-responsable. Cette certification est gérée par le Conseil des industries durables. Elle vise à engager les entreprises dans des activités continues de développement durable à partir de leurs capacités humaine et financière.

  • Écologie territoriale. Le Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (Montréal), la Société d’aide au développement des collectivités et CoÉco (MRC de Kamouraska) ont mis au point des méthodologies visant à implanter l’économie circulaire en établissant des relations entre des acteurs du développement et les centres de recherche, dans le but de développer un logiciel multifonctionnel d’analyse des flux.

  • Économie de fonctionnalité. Ce concept a été mis au point par Walter Stahel, architecte et analyste industriel. Par exemple, des entreprises dans le domaine de la photocopie vendent l’usage des photocopieurs aux clients plutôt que les photocopieuses. Il vise à réduire la consommation des ressources naturelles en prolongeant l’usage des produits grâce au mode de propriété.

  • Cradel to Cradel (Berceau à Berceau). Ce concept précisé par Michael Baumgart, chimiste, et Bill McDonough, architecte, concerne la certification C2C. Leur livre a été traduit en mandarin et diffusé en Chine. L’approche vise à réduire l’impact négatif sur l’environnement d’un produit dès sa conception.

  • Économie coopérative. Les Pionniers de Rochdale ont mis sur pied la première coopérative au 19e siècle. Elle favorise de développement des collectivités et de ses usagers avant la poursuite des profits. Son mode de propriété privilégie l’enracinement des entreprises dans les collectivités territoriales.

  • Biomimétisme. Ce concept a été mis au point par Mme Janine Benyus, et consiste à produire des biens en s’inspirant des cycles longs de la nature.

  • Économie bleue. La notion, élaborée par Gunter Pauli, industriel belge, se situe à la jonction de l’écologie industrielle. L’approche vise à utiliser de l’eau (mer, rivière) et des produits de la mer en s’inspirant du bio-mimétisme comme facteur de développement social, économique et culturel, dans une perspective analogue à l’agriculture biologique.

  • Économie verte. Cette notion, adoptée par l’ONU, sert de référence aux acteurs du développement durable de la planète. Elle comporte six secteurs : énergie renouvelable, construction écologique, moyens de transport, gestion de l’eau et des déchets, aménagement du territoire[1].

  • Écoconception. Cette notion, élaborée surtout en Europe, consiste dès la conception d’un produit, à prévoir son impact sur l’environnement. Elle s’apparente à l’approche Berceau to Berceau. L’approche conçoit un produit en minimisant au maximum son impact négatif sur l’environnement.

  • Écoefficacité. Cette notion, élaborée par Stephen Schmidheiny et le Business sustainable development, vise à créer de la valeur pour un produit, tout en tenant compte de son impact sur l’environnement.

Une vision commune se dégage de ces différentes conceptions qui composent l’économie circulaire et de leurs pratiques, soit celle d’assurer le développement économique tout en protégeant l’environnement. Cette protection de l’environnement se fait par la diminution des déchets, l’économie de ressources non renouvelables, l’identification de circuits courts, la production de technologies propres et la solidarité entre les collectivités.

Le fait que le réchauffement de la planète soit devenu irréversible, selon des experts, malgré le foisonnement des efforts des acteurs du développement durable, il devient nécessaire d’améliorer les interventions en élaborant des méthodologies qui permettent de sortir graduellement de l’économie linéaire, en implantant l’économie circulaire par la promotion de l’adoption de dix conditions-cadres. Ces conditions visent à faire émerger l’économie circulaire et à l’implanter avec les collectivités, les entreprises, les universités, les centres de transfert technologique, les cégeps et les gouvernements nationaux et municipaux.

[1] - Karl Burkart, Économie verte - Wikipédia