Civilisation

Civilisation : une question d’actualité ?

« Afin d’éviter d’être reléguée au rang de théorie alarmiste sans véritables fondements, l’étude, baptisée Handy (Human And Nature Dynamical) et financée par le Goddard Space Flight Center de la NASA, se base sur des données historiques qui montrent clairement que “le processus d’avènement et de déclin d’une civilisation est un phénomène récurrent” et que “des déclins rapides de civilisations avancées sont relativement communs à travers l’Histoire”. »

Cherchons les réponses là où cette civilisation déjà commence à émerger dans des pays que nous connaissons. Certains pays en ont jeté les bases il y a plusieurs années sans nécessairement le savoir. D’autres amorcent la construction de cette nouvelle civilisation d’une manière plus volontaire et éclairée. Dans un cas comme dans l’autre, ils ont pris de l’avance sur le Québec et le Canada tant au niveau de la réflexion que dans la construction. Si nous restons à l’écart de ce qui se passe dans plusieurs pays de la planète, le Québec et ses régions pourraient poursuivre tranquillement la «glissade» dans le sous-développement, comme le disait M Jean-Guy Paquet conférencier lors du colloque du Mouvement Villes et Régions Innovantes (voir onglet Colloque 12) et démontrer au monde sa non-pertinence dans la recherche de solutions bénéfiques pour le genre humain et la nature.

Pertinence de la réflexion sur la Civilisation écologique?

L’Allemagne, la Suède, le Japon et les pays industriels ont adopté, dans les années quatre-vingt-dix, des lois et des politiques pour la promotion de l’économie circulaire ou qui ont les mêmes effets. Depuis, ils exportent en Chine leurs connaissances et leurs technologies propres.

Dès 1984, le maire de Shanghai constate que l’industrialisation est trop dommageable pour l’environnement et qu’il faut trouver un autre modèle d’industrialisation. À partir de 1999, le gouvernement central chinois adopte une politique et une stratégie d’implantation d’économie circulaire et procède à la création de 14 écoparcs et de 6 écocités.

En décembre 2008, il adopte la Loi pour la promotion de l’économie circulaire. Elle prend exemple, après presque 15 ans, sur l’Allemagne qui avait adopté la loi d’économie circulaire en 1996.

Dès lors, sachant que la recherche d’un autre modèle d’industrialisation et d’urbanisation implique des changements pour l’ensemble de la société, le premier ministre chinois mandate un réseau de groupes de réflexion de niveau universitaire pour réfléchir à la construction de la civilisation écologique.

Le gouvernement n’a plus le choix d’agir par l’implantation de l’économie circulaire tout en débutant sa réflexion sur la construction de la civilisation écologique. Il y voit plusieurs avantages à poursuivre cette orientation politique. Premièrement, il répond à une demande d’actions de la part des collectivités qui perçoivent la pollution de l’air, de l’eau et du sol comme un danger pour leur santé et craignent, notamment, les empoisonnements alimentaires. Deuxièmement, l’implantation de l’économie circulaire va renforcer les politiques gouvernementales en faveur de la culture de l’innovation et de la production de technologies endogènes puisque l’implantation de l’économie circulaire repose sur la R&D. Troisièmement, il s’assure de la collaboration des pays industriels dans un secteur d’avenir et à forte valeur ajoutée. Quatrièmement, par cette politique le gouvernement prend sa part de leadership dans la lutte aux changements climatiques particulièrement auprès des pays en développement et aux économies en émergence.

En résumé, le gouvernement chinois en collaboration avec les pays les plus avancés dans la réflexion, l’élaboration et l’application de nouveaux modèles de production et de consommation se prépare à lutter contre les changements climatiques et la pollution avec une intensité que les collectivités du Québec et du Canada ne soupçonnent pas et qui auront sans doute des impacts sur notre niveau et notre qualité de vie. Il convient alors d’être proactif en la matière.

C’est dans ce contexte que les activités de VRIc pour implantation de l’économie circulaire au Québec participent dans les faits à la réflexion sur la Civilisation écologique.

Économie circulaire base d’un nouveau modèle d’industrialisation et d’urbanisation

Récapitulatif des autres onglets.

La nouvelle industrialisation des villes et des régions du Québec fondée sur des innovations sociales et des technologies issues de l’économie circulaire se réalisera grâce à :

  • nos capacités d’innovation dans toutes les régions;
  • notre culture de coopération et de concertation;
  • notre initiative vise à implanter l’économie circulaire dans toutes les régions de développement du Québec dans une perspective internationale.
  • l’implication des collectivités;
  • nos volontés de réorganiser des villes et des régions en conséquence.

L’innovation utile

Ce sont les individus qui sont innovants, pas les institutions. (voir l’onglet Colloque 12)

Ce n’est pas d’hier que certains individus ont décidé de développer leurs entreprises dans le respect de la nature, c’est-à-dire, en cherchant à réduire à zéro les déchets et les émissions à effet de serre les activités de leurs entreprises. En 1970, des industriels de la Ville de Kalundborg au Danemark ont commencé à créer les rapports symbiotiques entre leurs entreprises. Ils ont graduellement mis au point le premier modèle d’économie circulaire connu sans le nommer. En 1978, à Wudi, district de la Ville de Binzhou dans la province du Shandong en Chine, un groupe de huit étudiants-chercheurs en chimie, animé par un leader intéressé à protéger la nature, ont créé l’entreprise Lubei visant zéro déchet. Aujourd’hui, leur conglomérat comprend une cinquantaine d’entreprises intégrées dans trois chaînes symbiotiques. Eux aussi initiaient un modèle d’économie circulaire sans le savoir.

Économie circulaire : un projet de société

Résultats des expériences

Des pays industriels les plus avancés en matière de respect de la nature adoptent des lois, des politiques et des stratégies économiques pour implanter l’économie circulaire : l’Allemagne en 1994; la Suède (1998); le Japon (2000) et, finalement, la France qui a créé en février 2013 l’Institut de l’économie circulaire avec comme mandat de formuler un projet de loi pour 2017. Chacun des pays adapte sa loi et ses politiques en fonction de ses problèmes spécifiques à résoudre. Par exemple, si dans les pays déjà industrialisés, les lois et les politiques visent à réduire les déchets, dans les pays aux économies émergentes elles visent non seulement à favoriser l’élimination des déchets, mais aussi à favoriser un nouveau type d’urbanisation et d’industrialisation.

Un monde, un rêve

Même si nous savons que notre mode de production et de consommation participe l’épuisement des ressources de la planète et aux changements climatiques, nous ne sortirons pas rapidement de l’économie linéaire par l’économie circulaire. C’est un projet à long terme dans le sens où tous les lecteurs de ces lignes seront morts lorsque le genre humain sera parvenu à rétablir un équilibre entre ses activités et celles de la nature. Même si le modèle de l’économie circulaire a pour avantage de s’implanter par de petits et grands projets, il ne parviendra pas par la simple multiplication des projets à rééquilibrer les rapports entre le genre humain et la nature. À cette problématique planétaire, un projet planétaire devient une nécessité. Ses principales composantes seraient :

1- d’assurer l’harmonie entre les activités du genre humain et celles de la nature;

2- d’impliquer tous les humains de la planète dans le développement;

3- de mettre au coeur de la réorganisation du développement l’éducation, la R&D, la culture et l’éthique;

4- de rechercher un autre modèle d’industrialisation et d’urbanisation;

5- de promouvoir l’économie circulaire.

En somme, il s’agit de participer à la construction de la Civilisation écologique.

La Civilisation écologique

En réalité, la construction de la civilisation écologique est déjà commencée.

Malgré le fait qu’une majorité de Québécois et de Canadiens soit à l’écart, jusqu’à maintenant, de ce mouvement planétaire encore diffus en faveur de la recherche d’une autre orientation à donner au développement, notre avantage est de profiter de l’expérience des autres pays, pour réfléchir à leurs erreurs et d’adapter les recettes de leurs succès à notre situation. Pour cela, il faut nous associer à des chercheurs, des entrepreneurs et des agents de développement des pays industriels et des pays aux économies émergentes pour réfléchir à quatre dimensions permettant un changement efficace d’orientation du développement à savoir : 1- évaluer les expériences d’implantation de projets d’économie circulaire; 2- identifier les facteurs de leur succès; 3- déterminer les voies de passage entre l’économie linéaire et l’économie circulaire; 4- participer aux réflexions à l’échelle planétaire à propos de la construction de la civilisation écologique.

Croissance et diminution des GES

Nous avons l’habitude d’opposer la croissance économie et la protection de l’environnement.

L’expérience suédoise démontre qu’il est possible de produire la richesse tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre. Les projets-pilotes d’économie circulaire chinois en font aussi la démonstration.

Transitions

Par son projet, VRIc reconnait et suggère des voies de passage entre l’économie linéaire et l’économie circulaire, entre la civilisation industrielle et la civilisation écologique.

Voies de passage

Les valeurs, les structures et les rapports de force du monde et de la civilisation de demain sont déjà en émergence depuis plus d’une cinquantaine d’années avec plus ou moins d’intensité dans les pays industriels et les pays en développement.

Depuis les années 1970, il existe dans plusieurs pays des connaissances, des politiques, des stratégies, des expériences et des technologies qui valorisent l’implantation de l’économie circulaire comme au Danemark, en Allemagne. Il existe aussi des pays qui ont adopté des politiques en cohérence avec l’émergence de l’économie circulaire sans en porter le nom. Le Québec est de ceux-là. Il s’agit pour nous de rendre explicite ces expériences, ces programmes, ces politiques atomisés et de voir comment les villes et les régions de développement peuvent se donner la capacité de développer un nouveau tissu industriel tout en participant à la lutte au changement climatique en collaboration avec les villes et les régions des pays développés et aux économies émergentes.

Le Québec a tout le potentiel pour devenir un des foyers les plus dynamiques en matière d’économie circulaire grâce à des projets-pilotes qui s’inspirent des expériences des autres pays. Ainsi, il serait en mesure de participer dès maintenant aux échanges relatifs à la construction de la Civilisation écologique.

Sujets à réfléchir

1- En quoi la Civilisation écologique est-elle différente des autres notamment, de la civilisation industrielle?

2-  Pourquoi et comment la construire? Comment passer de l’économie linéaire à l’économie circulaire et fonctionnelle?

3- Comment prévoir l’utilisation de nos ressources naturelles en tenant compte de nos besoins et de ceux des pays en développement en particulier?

4- Comment l’agriculture et la forêt intègrent-elles la ville et comment la ville intègre-t-elle l’agriculture et la forêt?

5- Comment créer le marché de l’économie circulaire en construisant les nouveaux modèles d’industrialisation et d’urbanisation?

7- Quelle éthique est nécessaire pour faciliter l’émergence de la civilisation écologique?

8- Quelle réforme de la démocratie faut-il réaliser pour intégrer la population et la science dans les processus décisionnels?

9- Comment la transition entre l’économie linéaire et l’économie circulaire peut-elle se réaliser en améliorant le niveau et la qualité de vie des collectivités des villes et des régions du Québec?

10- Comment placer l’innovation et la R&D comme moteurs de la construction de l’économie circulaire?